La France entretient une longue tradition de charité organisée, héritée à la fois de l'Église catholique, des Lumières, des pensées républicaine et socialiste, et du laïcisme. Cette tradition a façonné un paysage associatif unique en Europe : aujourd'hui, près de 1,5 million d'associations sont actives en France (Recherches & Solidarités, 2024), dont une part importante intervient dans le champ de la solidarité.
Du XIXe siècle aux Lumières républicaines
Au XIXe siècle, la France connaît un foisonnement d'œuvres charitables, principalement portées par l'Église catholique : Société de Saint-Vincent-de-Paul (1833), Petites Sœurs des Pauvres (1839), nombreuses œuvres diocésaines. Parallèlement, le mouvement républicain et socialiste développe des sociétés de secours mutuel, ancêtres de la Sécurité sociale.
La loi du 1er juillet 1901 : un acte fondateur
La loi du 1er juillet 1901 sur le contrat d'association marque un tournant. Portée par le ministre Pierre Waldeck-Rousseau, elle reconnaît la liberté d'association et fixe un cadre simple : déclaration en préfecture, obtention d'un numéro RNA, capacité juridique, possibilité d'employer des salariés et d'encaisser des cotisations et dons.
Plus de 120 ans après, cette loi reste le socle de la quasi-totalité des associations françaises — y compris les grandes ONG humanitaires.
Les grandes charités françaises du XXe siècle
Secours catholique – Caritas France (1946)
Fondé après la guerre par Mgr Rodhain, le Secours catholique est l'une des plus grandes associations caritatives françaises. Il accompagne plus d'un million de personnes par an, en particulier les familles, les sans-logis, les migrants et les personnes en situation de précarité.
Le Secours populaire français (1945)
Issu du mouvement ouvrier, le Secours populaire est une association laïque, indépendante, qui fournit aide alimentaire, vêtements, soutien à la scolarité et vacances pour enfants. Sa devise : « Tout ce qui est humain est nôtre ».
Emmaüs (1949)
Fondée par l'abbé Pierre, Emmaüs développe depuis 1949 un modèle original : les « compagnons » — personnes en grande précarité — vivent et travaillent dans les communautés Emmaüs, en récupérant et revendant objets et meubles. Une réponse à la fois sociale et économique au sans-abrisme.
Les Restos du Cœur (1985)
Lancés par Coluche en 1985 lors d'une émission de radio, les Restos du Cœur distribuent des millions de repas chaque année. Devenue une institution, l'association mobilise plus de 70 000 bénévoles dans toute la France.
La Cimade (1939)
Née pendant la Seconde Guerre mondiale au sein du protestantisme français, la Cimade soutient les étrangers en France, les demandeurs d'asile et les personnes retenues en CRA. Elle est reconnue pour son expertise juridique sur le droit des étrangers.
Médecins Sans Frontières (1971) et Médecins du Monde (1980)
Deux ONG humanitaires françaises devenues références mondiales, fondées par des médecins (notamment Bernard Kouchner et Xavier Emmanuelli) sur l'idée que la santé est un droit universel, sans frontières.
L'Armée du Salut
D'origine britannique mais implantée en France depuis 1881, la Fondation de l'Armée du Salut accueille notamment les sans-abri et les femmes victimes de violence dans une centaine d'établissements.
L'écosystème associatif français aujourd'hui
Selon le rapport annuel de Recherches & Solidarités (2024), la France compte :
- 1,5 million d'associations actives
- 21 millions de bénévoles
- 1,8 million de salariés associatifs
- Un budget cumulé estimé à 113 milliards d'euros, dont près de la moitié provient de financements publics, le reste de cotisations, ventes de prestations et dons
Le secteur associatif emploie plus de 10 % des salariés du privé en France.
Le don en France : générosité, fiscalité et confiance
La France est l'un des pays européens où la fiscalité encourage le plus généreusement le don aux associations reconnues d'intérêt général :
- 66 % du don est déductible de l'impôt sur le revenu pour les particuliers (dans la limite de 20 % du revenu imposable),
- 75 % du don pour les associations d'aide aux personnes en difficulté (Restos du Cœur, Secours catholique, Croix-Rouge, etc.), dans la limite d'un plafond annuel,
- Pour les entreprises, 60 % du don est déductible de l'impôt sur les sociétés (dans la limite de 0,5 % du chiffre d'affaires).
Les défis actuels du secteur associatif
Le tissu associatif français, malgré sa vitalité, fait face à plusieurs défis :
- Diminution de la subvention publique au profit de l'appel à projets, plus instable
- Vieillissement des bénévoles dans certaines structures historiques
- Renouvellement de l'engagement : nouveaux formats (mécénat de compétences, bénévolat ponctuel, microdons digitaux)
- Complexité administrative croissante (RGPD, fiscalité, droit du travail)
C'est précisément sur ce dernier point — la complexité administrative — que l'association LORD intervient : nous croyons qu'une bonne association ne se mesure pas seulement à sa générosité, mais aussi à sa rigueur juridique et sociale, qui protège ses bénévoles, ses salariés et ses bénéficiaires.
LORD dans cette histoire
L'association LORD, déclarée en 2015 sous le SIREN 812 992 352, s'inscrit modestement dans cette tradition associative française. Notre spécificité : faire le pont entre la complexité administrative (URSSAF, CESU URSSAF, CAF, CROUS) et les publics qui en sont les plus éloignés (artistes, femmes de ménage, étudiants en précarité, particuliers employeurs sans information).
Comme nos aînés, nous croyons à une solidarité organisée, durable et indépendante.